samedi 10 décembre 2016

Eloge de la solitude



Les Discussions du soir par Leili Anvar
Eloge de la solitude
avec Alain Delourme, psychologue, psychothérapeute
Site officiel : Alain Delourme
Pour don dernier livre, La solitude initiatique, Ed. Accarias - L'Originel, 201

Tantôt aventure intérieure choisie, tantôt handicap ou fardeau, le sentiment de solitude habite chacun de nous. Ainsi que la peur qui parfois l'accompagne. Les démographes annoncent qu'aujourd'hui il y a plus de solitaires qu'hier et que demain il y en aura plus qu'aujourd'hui. La solitude peut être une épreuve liée à la perdition réelle ou imaginaire mais elle peut aussi être délibérément choisie pour se concentrer sur la réalisation de soi. Redonner un sens à la solitude, trouver une représentation spirituelle de l'existence, communier avec autrui sans s'y fondre, telles sont donc des quêtes vitales. Quelles sont les conditions d'une solitude habitée et paisible ? Peut-on trouver sa place dans la foule solitaire ? La solitude douce et nourrissante est-elle une utopie ou un projet accessible ? Ces sujets intéressent chacun d'entre nous. La solitude à penser et à construire est une odyssée spirituelle. Elle implique une remise en cause de notre conception ancienne de nous-mêmes, une sorte de mort de nos certitudes dépassées ou erronées, tout en engendrant un rapport nouveau à soi, au monde et au sacré, une forme de renaissance. Opportunité d'une transmutation, elle se traduit par une verticalisation de l'être. Il s'agit d'explorer et d'exprimer les conditions d'une solitude libérée et vitalisante. Alain Delourme s'adresse à des solitaires qui ne sont pas hors du monde mais dans le monde, y compris dans le couple, même si cela peut sembler paradoxal. Il nous incite à une démarche qui peut faire de la solitude une occasion d'ouverture à la transcendance, une invitation au secret que tout être humain porte en lui, une opportunité quotidienne d'éveil.
Quatrième de couverture
Commande sur Amazon : La solitude initiatique
 

Le soft-totalitarisme numérique



Jouets connectés : alerte sur la sécurité et les données personnelles ! (UFC-Que Choisir, déc. 2016)

A l’approche de Noël et face à la multiplication des offres de jouets connectés pour enfants dans les rayons de magasins ou sur Internet, l’UFC-Que Choisir dénonce aujourd’hui, sur la base d’une analyse technique, des lacunes quant à la sécurité et la protection des données personnelles des enfants utilisateurs de la poupée connectée ‘Mon amie Cayla’ et du robot connecté ‘i-Que’ disponibles chez de nombreux vendeurs en France. Sur la base de ces inquiétants constats, l’association saisit la CNIL et la DGCCRF.

L’étude technique commanditée par notre homologue norvégien, Forbrukerradet, souligne que Cayla et i-Que, en apparence inoffensifs, ne garantissent pas le respect de la vie privée et de la sécurité des données personnelles de vos enfants.
Source (et suite) du texte : Que Choisir


Small Sister
Is Watching Your Children

* * *



Eric Sadin, La silicolonisation du monde (TV5Monde, Grand Angle, novembre 2016)

Eric Sadin, La Silicolonistion du monde, Ed. L’Echappée, 2016
Berceau des technologies numériques (Google, Apple, Facebook, Uber, Netflix, etc.), la Silicon Valley incarne l'insolente réussite industrielle de notre époque. Cette terre des chercheurs d'or, devenue après-guerre le coeur du développement de l'appareil militaire et de l'informatique, est aujourd'hui le lieu d'une frénésie innovatrice qui entend redéfinir de part en part nos existences à des fins privées, tout en déclarant oeuvrer au bien de l'humanité.
Mais la Silicon Valley ne renvoie plus seulement à un territoire, c'est aussi et avant tout un esprit, en passe de coloniser le monde. Une colonisation d'un nouveau genre, portée par de nombreux missionnaires (industriels, universités, think tanks...), et par une classe politique qui encourage l'édification de valleys sur les cinq continents, sous la forme d'écosystèmes numériques et d'incubateurs de start-up.
Après avoir retracé un historique de la Silicon Valley, ce livre, à la langue précise et élégante, montre comment un capitalisme d'un nouveau type est en train de s instituer, un technolibéralisme qui, via les objets connectés et l'intelligence artificielle, entend tirer profit du moindre de nos gestes, inaugurant l'ère d'une « industrie de la vie ».
Au-delà d'un modèle économique, c'est un modèle civilisationnel qui s'instaure, fondé sur l'organisation algorithmique de la société, entraînant le dessaisissement de notre pouvoir de décision. C'est pour cela qu'il est urgent d'opposer à ce mouvement prétendument inexorable d autres modalités d existence, pleinement soucieuses du respect de l'intégrité et de la dignité humaines.
Quatrième de couverture
Commande sur Amazon : Silicolonisation du Monde (la)

* * *

Comment la Silicon Valley a inventé une nouvelle industrie de la vie
Par Marc Hunyadi, le 9 décembre 2016 - Le Temps

Eric Sadin, avec finesse et détermination, décrit la «silicolonisation du monde», désormais soumis à ce qu’il appelle le «soft-totalitarisme numérique»

Le monde que nous décrit Eric Sadin est effroyable, mais ne vous inquiétez pas: c’est le nôtre. C’est en effet sous nos yeux, en direct et avec notre complicité que se produit jour après jour la «silicolonisation» du monde, c’est-à-dire le façonnage de nos existences par un modèle imaginé par les ingénieurs de la Silicon Valley – ceux de Google, Amazon, Facebook et Apple, mais pas que. Leur idée générale, c’est que tout ira mieux quand tout sera numérisé, algorithmé, automatisé, connecté. Notre vie se déroulera dans un monde fluide où tout problème sera résolu par la gestion des données, et où nous n’aurons plus qu’à rétroagir aux signaux envoyés par les systèmes experts. Nous évoluerons alors dans l’univers ouaté des big data exploitant les flux ininterrompus des données extraites à partir de nos propres comportements.

Pilotage automatique

Il y a deux ans, Eric Sadin avait déjà publié un livre remarquable, La Vie algorithmique, chez le même éditeur (L’Echappée). Il y décryptait avec sagacité la logique qui présidait à la «raison numérique» qui s’étendait à travers le monde et qui désormais caractérisait la nouvelle modernité. Avec La Silicolonisation du monde, son nouveau livre, il poursuit dans cette veine, en mettant cette fois davantage l’accent sur l’impact anthropologique et politique de ce qu’il appelle «l’accompagnement algorithmique de la vie» ou «le soft-totalitarisme numérique», lesquels visent ultimement à nous dessaisir de notre jugement pour piloter automatiquement le cours de nos existences.

Lobbying européen

MAJ de la page : Perturbateurs endocriniens / Lobbying



Du Grain à moudre par Hervé Gardette
Peut-on produire une expertise scientifique au-dessus de tout soupçon ? (8 décembre 2016)
avec Barbara Demeneix : professeur, responsable d'une équipe mixte CNRS-MNHN et spécialiste des perturbateurs endocriniens
Stéphane Foucart : journaliste au Monde, chargé des sciences de l'environnement
Mathias Girel : Directeur des études du département de Philosophie, Ecole normale supérieure
Alors que l'Europe s'apprête à adopter une réglementation sur les perturbateurs endocriniens, un groupement de scientifiques alertent sur les lobbys industriels jouant les "marchands de doute".

* * *



10 FAITS qui montrent comment les multinationales achètent la politique européenne (Osons Causer, 29 octobre 2016)



Pouvoir des lobbies en Europe : l’entretien avec CEO pour tout comprendre (27 novembre 2016)

vendredi 9 décembre 2016

Demande de pardon aux Amérindiens



USA : des vétérans demandent pardon aux Indiens dans un discours poignant
Le 6 décembre 2016 - L'Obs

Les autorités américaines ont rejeté dimanche le tracé de l’oléoduc qui menaçait l’environnement et les sites funéraires sacrés des Indiens des grandes plaines, aux États-Unis. Dès le lendemain, les Amérindiens ont mené une cérémonie de rédemption avec d'anciens combattants américains à Standing Rock. Dans une vidéo publiée mardi, le scénariste Wesley Clark JR., fils de l'ancien général des Forces armées des États-Unis Wesley Clark, a tenu à faire un discours de pardon devant l'activiste et leader spirituel Leonard Crow Dog. "Nous ne vous avons pas respecté, nous avons pollué votre Terre. (...) Nous sommes venus vous dire ô combien nous sommes désolés", a-t-il clamé.


* * *

Etats-Unis : victoire des Sioux face au projet d’oléoduc qui menace leurs terres
Par Sophie Chapelle, le 5 décembre 2016 - Bastamag


Les Sioux de la réserve de Standing Rock, dans le Dakota du Nord, viennent de remporter une grande victoire le 4 décembre. 

Depuis le 1er avril, ils ont établi un camp de résistance pour bloquer un projet d’oléoduc, le Dakota Access Pipeline d’une longueur de 1800 kilomètres, qui menace des sites culturels ancestraux et leurs sources d’eau. Le 4 décembre, le Corps des ingénieurs de l’armée américaine a annoncé qu’il refusait à la société pétrolière un permis de forage sous la rivière Missouri. La secrétaire adjointe aux travaux civils de l’Armée de terre précise dans un communiqué que le gouvernement va « entreprendre une étude d’impact environnementale complète » et « étudier des tracés alternatifs » [1]. Cette déclaration stoppe officiellement la construction du pipeline, évalué à 3,8 milliards de dollars, et financé en partie par des banques françaises.

Lire à ce sujet : Les grandes banques françaises derrière le projet d’oléoduc combattu par les Sioux

« Cette bataille est gagnée, mais la guerre n’est pas terminée »

Du bon usage du populisme

Populisme, populismes
Par Jacques Sapir, le 9 décembre 2016 - RussEurope

La mode est au “populisme”. On ne cesse d’entendre et de lire ce terme, qui est devenu une forme générique d’injure ou de manière de discréditer qui ne pense pas comme vous. Pourtant populisme, il peut y avoir. Encore faut-il s’entendre sur le sens des mots pour que les mots fassent sens, pour qu’ils désignent précisément soit une chose soit un processus. L’usage de mots coupés de leur signification réelle est le prélude à une confusion grave.

Le sens d’un mot

Pierre-André Taguieff a proposé récemment, dans le Figaro, une définition du populisme : « Ce qu’on appelle « populisme » devrait désigner en toute rigueur l’appel au peuple sans médiation et le rejet des élites dirigeantes accusée de confisquer le démocratie, ce qui définit une orientation hyperdémocratique… »[1]. Pris dans ce sens le populisme peut en réalité désigner deux choses distinctes. Il permet de nommer un mouvement de rejet contre des élites fermées sur elles-mêmes, incapables mais aussi peu désireuses de s’ouvrir à la société, d’organiser cette circulation des élites. Ce populisme, disons le d’emblée est sain ; il est nécessaire. Sans lui la démocratie est par nature confisquée.

Mais, le populisme peut aussi, et cela sans lien qui soit logiquement nécessaire, désigner ce que Taguieff nomme « l’appel au peuple sans médiation ». C’est ce populisme qui pose problème.

On sait où se trouve sa logique : dans les courants anarchistes du XIXème siècle et avant dans le libéralisme « intégral » du XVIIIème siècle. Le livre qui établit ce populisme sous sa forme la plus claire est l’Etat et la Révolution, que Lénine fit publier peu avant la Révolution d’Octobre 1917, dont nous fêterons l’an prochain le centenaire. L’absence de principe de médiation pose un véritable problème. Il oppose le peuple, réalité politique socialement et culturellement construite, à la multitude des « gens ». Le principe de médiation s’impose en particulier si l’on veut éviter toute tentative de construction ethnique ou religieuse de la communauté politique. Ce principe de médiation peut trouver son inspiration dans des sources religieuses. Mais, nul n’est besoin en réalité de faire référence à Dieu ou à une des quelconques religions pratiquées en France pour fonder en logique ce besoin de médiation. C’est un point qui est longuement développé dans le dialogue que j’ai eu avec Bernard Bourdin, dans le livre à paraître, en février prochain, aux éditions du Cerf.

Populisme et médiation

L’action de chaque individu, dans cette cadre que Taguieff nomme « hyperdémocratique » serait la même que l’action collective. Le conflit entre intérêt individuel et intérêt collectif, ce conflit qui exige des médiations, aurait disparu. La nécessité de trouver une solution, ne serait-ce que provisoire, au conflit n’existerait plus. Il n’y aurait donc plus, par hypothèse et par construction, ni institution ni formes de médiation. Dans cet univers on peut effectivement se défaire du concept de souveraineté. Mais on comprend immédiatement que cet univers est illusoire : c’est un fantasme idéologique. Cet univers fait aussi référence à l’état de nature. Mais, ce dernier, on peut aussi le comprendre comme une construction logique, et un artifice rhétorique et non pas une réalité historique. L’affirmation de la traduction socialement harmonieuse des désirs privés n’est en réalité rien d’autre, et en particulier chez Adam Smith qui lui donnât ses lettres de noblesse, qu’un postulat métaphysique qui n’ose pas dire son nom. Adam Smith reprend, en en modifiant le sens, les thèses des jansénistes dont il tire, par un long cheminement des sources que décrypte admirablement Jean-Claude Perrot[2], cette idée de main invisible.

L’état de nature n’a jamais existé. Nous sommes des produits de la société. La question de la médiation des intérêts divergents au sein d’une société, d’un État, d’une nation est la clé qui permet de comprendre la nécessité des institutions. De ce point de vue, il y a un besoin de médiation quand bien même nous ne mobiliserions pas l’ensemble chrétien.

Du bon usage du populisme

Il n’en reste pas moins que si cette forme de populisme apparaît nocive, il est une autre forme, la première, qui apparaît entièrement justifiée.

Dette odieuse, dette illégitime et Manifeste d'Oviedo

MAJ de la page : Dette illégitime / dette

La dette odieuse selon Alexandre Sack et selon le CADTM
18 novembre par Eric Toussaint, le 18 novembre 2016 - CADTM


Alexandre Nahum Sack (Moscou 1890 – New York 1955), juriste russe ayant enseigné à Saint-Pétersbourg puis à Paris, est considéré comme un des pères de la doctrine de la dette odieuse. Cette doctrine, qui est basée sur une série de jurisprudences, a fait couler beaucoup d’encre. Selon Alexandre Sack, qu’est-ce qu’une dette odieuse ?

Voici la partie la plus citée du livre de Sack : « Si un pouvoir despotique contracte une dette non pas selon les besoins et les intérêts de l’État, mais pour fortifier son régime despotique, pour réprimer la population qui le combat, cette dette est odieuse pour la population de l’État entier. Cette dette n’est pas obligatoire pour la nation : c’est une dette de régime, dette personnelle du pouvoir qui l’a contractée ; par conséquent, elle tombe avec la chute de ce pouvoir. » (p. 157) |1|. « La raison pour laquelle ces dettes ‘odieuses’ ne peuvent être considérées comme grevant le territoire de l’État, est que ces dettes ne répondent pas à l’une des conditions qui déterminent la régularité des dettes d’État, à savoir celle-ci : les dettes d’État doivent être contractées et les fonds qui en proviennent utilisés pour les besoins et dans les intérêts de l’État (supra, § 6). Les dettes ‘odieuses’, contractées et utilisées à des fins qui, au su des créanciers, sont contraires aux intérêts de la nation, n’engagent pas cette dernière — au cas où elle arrive à se débarrasser du gouvernement qui les avait contractées — (…) Les créanciers ont commis un acte hostile à l’égard du peuple ; ils ne peuvent donc pas compter que la nation affranchie d’un pouvoir despotique assume les dettes « odieuses », qui sont des dettes personnelles de ce pouvoir. » (p. 158).

Beaucoup de commentateurs de ce passage en ont déduit que, selon Sack, pour qu’une dette puisse être caractérisée comme odieuse, elle devait avoir été contractée par un régime despotique. Ce n’est pas la position de Sack. En effet, le juriste considère qu’il y a plusieurs situations dans lesquelles une dette peut être caractérisée d’odieuse. La citation précédente concerne un seul cas de figure, mais il y en a d’autres.

Le CADTM et moi-même avons fait l’erreur de penser que Sack considérait que le caractère despotique du régime constituait une condition sine qua non. Nous étions en désaccord avec la doctrine de Sack sur ce point et avons écrit à maintes reprises que la nature despotique du régime ne pouvait pas constituer une condition obligatoire, c’est une condition facultative et aggravante. En réalité, sur ce point, il y avait un malentendu lié à certaines formulations utilisées par Sack et surtout dû à l’interprétation la plus répandue de sa doctrine. De leur côté, des auteurs comme Sarah Ludington, G. Mitu Gulati, Alfred L. Brophy ont mis le doigt sur cette erreur d’interprétation, même si eux-mêmes semblent penser que Sack incluait à tort la nature despotique du régime comme une condition nécessaire |2|. Eux-mêmes sont convaincus qu’il ne faut pas inclure la nature du régime comme une condition nécessaire. Ils affirment de plus, comme nous l’avons mentionné, que dans le jugement de Taft sur l’affaire Tinoco, l’ex-président des États-Unis s’est bien gardé de mettre en avant le caractère despotique de son régime |3|. Dans son article « The Doctrine of Odious Debts in International Law », la juriste Sabine Michalowski résume correctement les critères définis par Sack. Elle n’inclut pas parmi ceux-ci le caractère despotique du régime |4|.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...