lundi 21 août 2017

Initier les enfants à la philosophie

MAJ de la page : Frédéric Lenoir / Philo enfants



Frédéric Lenoir, Initier les enfants à la philosophie (2017)

A propos de : Philosopher et méditer avec les enfants, Ed. Albin Michel, 2016
Ce livre raconte l'aventure extraordinaire que j'ai vécue avec des centaines d'enfants à travers le monde francophone, de Paris à Montréal, en passant par Molenbeek, Abidjan, Pézenas, Genève, Mouans-Sartoux, la Corse et la Guadeloupe. Pourquoi, en effet, attendre la classe de terminale pour aborder le questionnement des thèmes existentiels : l'amour, le respect, le bonheur, le sens de la vie, les émotions, etc. ? Ces ateliers philosophiques montrent une étonnante capacité des enfants de 6 à 10 ans à penser. Au-delà des concepts, ils y apprennent les règles du débat d'idées et développent leur discernement et une réflexion personnelle. Parce que les enfants ont souvent du mal à se concentrer, je fais précéder les ateliers d'une courte méditation, ou pratique de l'attention, qui permet à chacun de retrouver sa réceptivité sensorielle et d'être présent dans l'instant. Cet ouvrage propose une méthode et des outils concrets, dont un CD de méditations guidées, pour tous ceux qui, parents, enseignants, amis, souhaitent accompagner les enfants dans cette pratique de l'attention et des ateliers philosophiques.
Commande sur Amazon : Philosopher et méditer avec les enfants (Livre + 1CD audio)

* * *



Eclipse totale en direct de Charleston, SC - USA (NASA TV Public-Education)


Le Soleil s'éclipse sur les Etats-Unis, et il garde ses secrets
Par Fabien Goubet, le 21 août 2017 - Le Temps


Depuis 19h16 ce lundi soir, heure suisse pour la Côte Est, les Etats-Unis vivent leur première éclipse de soleil depuis des décennies. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il reste encore des connaissances scientifiques à tirer de tels événements

Les Etats-Unis dans les ténèbres: ce n’est pas la conséquence d’un quelconque climat politique, mais d’une éclipse totale de Soleil qui se déroule ce lundi soir. Si les Américains ont d’ores et déjà cédé à l’éclipsemania, certains gardent la tête froide: les scientifiques. Astronomes et astrophysiciens traqueront Soleil et Lune depuis des points d’observation sciemment choisis. Certains patienteront au sommet d’une montagne. D’autres observeront même le spectacle depuis la stratosphère, à bord d’avions spécialement affrétés!

Pas uniquement pour le plaisir des yeux, bien entendu, mais surtout pour mener des expérimentations précisément faisables lorsque le disque lunaire obscurcira l’astre du jour. Oui, cela peut paraître surprenant, mais il reste encore bien des choses à apprendre de ces rares événements.

Abolir la guerre



Howard Zinn, Abolir la guerre (Los Angeles, 2006)



Howard Zinn, Un mouvement pour la paix, 3 guerres saintes (2009)


5 ans après : Longue vie à Howard Zinn!
Le 10 décembre 2014 - Le Partage


Howard Zinn (né le 24 août 1922 et mort le 27 janvier 2010 à Santa Monica, Californie) est un historien et politologue américain, professeur au département de science politique de l’université de Boston durant 24 ans.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’engage dans l’armée de l’air et est nommé lieutenant bombardier naviguant. Son expérience dans l’armée a été le déclencheur de son positionnement politique pacifiste qui élève au rang de devoir la désobéissance civile.
Il a été un acteur de premier plan du mouvement des droits civiques et du courant pacifiste aux États-Unis.
Source (et suite) du texte, bibliographie : wikipedia

Petit texte publié par le monde diplomatique, le jour de sa mort:
Militant politique puis universitaire militant, Howard Zinn n’a jamais redouté de s’engager au service des Américains, dont il a écrit l’histoire « par en bas », mémoire du peuple plutôt que mémoire des Etats. Radical, pacifiste, Zinn voyait « dans les plus infimes actes de protestation les racines invisibles du changement social ». Pour lui, les héros des Etats-Unis n’étaient ni les Pères fondateurs, ni les présidents, ni les juges à la Cour Suprême, ni les grands patrons, mais les paysans en révolte, les militants des droits civiques, les syndicalistes, tous ceux qui s’étaient battus, parfois victorieux, parfois non, pour l’égalité. Son Histoire populaire des Etats-Unis, publiée en 1980, a été lue par des millions d’Américains et traduite presque partout dans le monde, y compris tardivement en France (éditions Agone). Elle constitue une lecture irremplaçable.

Commande sur Amazon : Une Histoire populaire des Etats-Unis de 1492 a nos jours

Un mot de son ami Noam Chomsky à son sujet:
Howard Zinn a milité de façon réellement ininterrompue jusqu’à la toute fin de sa vie, même pendant les dernières années, marquées par l’infirmité et le deuil — ce qu’on aurait difficilement deviné en le rencontrant ou en le voyant discourir infatigablement, face à un public captivé, d’un bout à l’autre du pays. À chaque combat pour la paix et la justice, il était là, en première ligne, avec son enthousiasme indéfectible; son intégrité, sa sincérité, son éloquence et son intelligence édifiantes; sa légère touche d’humour face à l’adversité; son engagement pour la non-violence; et son absolue décence. On peut difficilement imaginer le nombre de jeunes gens dont les vies ont été marquées, en profondeur, par ce qu’il a accompli dans son œuvre et sa vie.

Nous vous proposons ici quelques extraits tirés du livre “Se Révolter si Nécessaire”, éd. Agone, 2014 :
Commande sur Amazon : Se révolter si nécessaire : Textes et discours (1962-2009)

Extrait 1:
Les problèmes des états-unis ne sont pas périphériques et n’ont pas été résolus par notre génie de la réforme. Ils ne n’expliquent pas par un excès, mais par la normalité. Notre problème de racisme, ce n’est pas le Ku Klux Klan ou le Sud, mais ce principe fondamental du libéralisme qui fait du paternalisme sa panacée. Notre problème économique, ce n’est pas la récession mais le cours normal de l’économie, dominée par les grands groupes et le profit. Notre problème avec la justice, ce n’est pas un juge corrompu ou un jury acheté, mais le fonctionnement ordinaire, quotidien, de la police, des lois, des tribunaux, qui font primer la propriété sur les droits de l’homme. Notre problème de politique étrangère ne tient pas à une entreprise particulièrement insensée comme la guerre hispano-américaine ou la guerre du Vietnam, mais à la permanence historique d’un ensemble de présupposés quant à notre rôle dans le monde, notamment l’impérialisme missionnaire et la croyance en la capacité des états-unis à résoudre des problèmes sociaux complexes.

Les néoconservateurs tirent parti de la haine anti-Trump pour pousser à de nouvelles guerre

Les néoconservateurs tirent parti de la haine anti-Trump pour pousser à de nouvelles guerre
Par Robert Parry, le 5 août 2017 - Consortium News / Les Crises (trad.)

La mise en œuvre de nouvelles sanctions contre la Russie et l’Iran — avec le soutien de presque tous les Démocrates et Républicains du Congrès — montre que les néoconservateurs fauteurs de guerre sont de nouveau à la manœuvre, rapporte Robert Parry.

Un observateur bien renseigné de Washington m’a fait une fois remarquer que la réalité politique des néoconservateurs est qu’à eux seuls ils ne pouvaient vous faire gagner la moindre circonscription aux États-Unis. Mais les Républicains comme les Démocrates se pressent pour obtenir le soutien des néoconservateurs ou au moins leur approbation.

Une scène de « Docteur Folamour », dans laquelle le pilote du bombardier (interprété par l’acteur Slim Pickens) chevauche une bombe atomique vers sa cible en Union soviétique.

Ce paradoxe repose en partie sur le degré de dominance que les néoconservateurs ont établi sur les médias d’information nationaux — comme les éditorialistes de presse et les commentateurs télé — ainsi que sur les liens des néoconservateurs avec le lobby israélien, bien connu pour arroser de ses contributions les politiciens qui ont ses faveurs et les opposants de ceux qui ne les ont pas.

Depuis l’émergence des néoconservateurs comme acteurs essentiels de la politique étrangère de l’administration Reagan, ils ont également fait preuve d’une résilience extraordinaire, recevant un flot continu d’argent souvent depuis les financements du gouvernement américain de la part d’organisations comme le NED (Fondation Nationale pour la Démocratie) et à travers les donations des fournisseurs militaires aux boîtes à idées néoconservatrices des « faucons ».

Mais le succès le plus étonnant des néoconservateurs l’année passée pourrait être la façon dont ils ont entraîné les libéraux et même certains progressistes dans la stratégie néoconservatrice de toujours plus de guerres, en grande partie en exploitant le dégoût de la gauche envers le président Trump.

Les gens qui normalement favorisent la coopération internationale pour la résolution pacifique des conflits se sont joints aux néoconservateurs pour attiser les tensions mondiales et rendre ainsi la progression vers la paix beaucoup plus difficile.

Le « Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act », la loi provocante qui impose des sanctions à la Russie, à l’Iran et la Corée du Nord tout en interdisant au président Trump de les annuler, a été adoptée par le Congrès sans un seul vote démocrate contre.

Les seules voix dissidentes sont venues de trois Républicains de la Chambre : Justin Amash du Michigan, Jimmy Duncan du Tennessee, et Thomas Massie du Kentucky, ainsi que du Républicain Rand Paul du Kentucky et de l’indépendant Bernie Sanders, sénateur du Vermont.

En d’autres termes, tous les Démocrates présents ont adopté la position des néoconservateurs pour l’escalade des tensions avec la Russie et l’Iran. Les nouvelles sanctions apparemment ruinent l’espoir d’une détente avec la Russie et peuvent torpiller l’accord nucléaire avec l’Iran, ce qui mettrait l’option bombardement à tout va sur le tapis, exactement ce que veulent les néoconservateurs.

mercredi 16 août 2017

Un alchimiste raconte

MAJ de la page : Patrick Burensteinas



Autobiographie d'un alchimiste, Patrick Burensteinas (France Inter, Etat d'Esprit, 2017)

A écouter sur RTL : La matière a-t-elle une âme (août 2017) / téléchargement (mp3)





Extraits du film documentaire « Un Alchimiste raconte » avec Patrick Burensteinas (2017)
Commande sur Amazon : Un alchimste raconte - DVD

C'est aussi un livre : Un alchimiste raconte, Ed. Massot 2017
Ils sont rares, on en compte dix par siècle. Patrick Burensteinas est l'un d'eux. Mais oubliez l'image du vieux barbu en cape violette. Scientifique de formation, il a passé des années dans son laboratoire à faire des expériences d'alchimie opérative au creuset. D'abord, pour se prouver à lui-même que " ça ne marchait pas "... et puis parce que ça a marché. L'impossible est devenu possible. Il y aurait donc une âme derrière la matière ? C'est vers un or tout autre que s'est tournée sa quête. Une quête de lumière d'ordre métaphysique. Car c'est en oeuvrant à être soi-même " aligné " que l'on parvient à la pierre philosophale. Aujourd'hui, c'est cet éveil qu'il souhaite transmettre au plus grand nombre. Après avoir réalisé des documentaires filmés, de nombreuses conférences et des voyages initiatiques sur des lieux sacrés, il est désormais contacté pour du conseil par des grandes marques, soucieuses de donner du sens à leurs produits. L'alchimie a beau être multimillénaire, c'est un art qu'il souhaite mettre au coeur de la cité des hommes et en prise avec notre époque. Ce livre raconte le parcours de ce chercheur d'or, ce qui a présidé à sa création, pourquoi nous sommes là, ce qui nous attend après la mort, mais aussi ce qui gouverne nos émotions et de quelle façon nous pouvons tendre, nous aussi, vers la lumière qu'est la paix intérieure. Une leçon de sagesse ordinaire qui passe par les méandres de l'extraordinaire.
Quatrième de couverture
Commande sur Amazon : Un alchimiste raconte

Deux ascensions de l’Everest en une semaine

MAJ de la page : Killian Jornet



L’« ultra-terrestre » Kilian Jornet raconte ses deux ascensions de l’Everest en une semaine (juin 2017)

Kilian Jornet est un amoureux du sport et de la montagne. Course à pied, ski, alpinisme, ski-alpinisme, le Catalan allie ses passions avec pour objectif de se dépasser.
Dans la nuit du 21 au 22 mai, il a accompli une ascension de l’Everest exceptionnelle, sans oxygène et sans corde, en vingt-six heures. Plus de 3 800 mètres de dénivelé positif, dont 30 kilomètres de moraines, et 2 300 mètres d’ascension sur une pente à plus de 50 degrés.
Et comme une fois ne suffisait pas, il a réitéré l’exploit trois jours plus tard, en dix-sept heures. Son matériel : 7 kg sur le dos, dont une combinaison, des moufles, une lampe frontale, deux litres d’eau, deux bâtons et un piolet.
Cette ascension, considérée comme plus difficile que par la voie népalaise, prend en moyenne entre trois et cinq jours à un alpiniste acclimaté. Non sans quelques difficultés. Pour Le Monde, Kilian Jornet revient sur ces exploits et sur nombreuses aventures.
Source : Le Monde



Killian Jornet, L'alpinisme de l'extrême,

Son dernier livre, La frontière invisible, Ed. Arthaud, 2017
Après le succès international de son premier ouvrage " Courir ou Mourir ", Kilian Jornet a repris sa plume et propose " La frontière invisible ". Un livre où le prodige catalan expose sans ambages sa passion de la montagne, son attirance pour les sommets et pour les nouveaux défis les plus insensés : records d'ascension du Mont-Blanc, du Cervin, etc. A travers le récit parfois poignant de ses expéditions dans les plus grand massifs de la planète, l'athlète ibérique réalise aussi une véritable introspection sur sa personnalité, son besoin de solitude, la notion de risque et de mise en danger, et sur ses doutes liés à sa passion dévorante pour la montagne. Jornet renoue ici avec un style étonnant où il mêle harmonieusement fiction et réalité, pour exprimer encore mieux la complexité de son personnage. Un ouvrage fort, intense, et riche en émotions, attendu par un public nombreux
Quatrième de couverture
Commande sur Amazon : La frontière invisible


Deux ascensions de l’Everest en une semaine pour Kilian Jornet, sans oxygène
30 mai 2017 - Le Monde

Dimanche, la légende de l’alpi-trail s’est de nouveau attaquée au toit du monde, et a atteint le sommet en dix-sept heures, contre vingt-six lors de sa première ascension.

Pourquoi ne grimper qu’une seule fois l’Everest quand on peut le faire deux fois dans la même semaine ? Visiblement, l’Espagnol Kilian Jornet n’a pas trouvé de réponse satisfaisante à cette question. Dimanche 28 mai, le sportif s’est de nouveau attaqué au toit du monde, et a atteint le sommet en dix-sept heures, contre vingt-six lors de sa première ascension.

« Je suis tellement heureux d’avoir atteint le sommet à nouveau ! Aujourd’hui je me sens bien, même si c’était vraiment venteux et que j’avais du mal à avancer vite », a nuancé le grimpeur espagnol. Avant de se satisfaire de sa performance : « Monter deux fois l’Everest sans oxygène en une semaine ouvre un nouveau champ de possibilités en alpinisme. »

Comme six jours plus tôt, Kilian Jornet, régulièrement baptisé « l’ultra-terrestre », a choisi de n’utiliser ni oxygène ni corde fixe. Il a quitté le camp de base avancé, situé à 6 500 mètres d’altitude, le 27 mai à 21 heures, heure locale. Il y est revenu seulement vingt-neuf heures et trente minutes plus tard. Les alpinistes acclimatés mettent normalement au moins trois jours pour accomplir le trajet par cette voie, la face nord, par le Tibet.

« Aventurier de l’année »

Avec ce double exploit, le Catalan achève en beauté ainsi son projet Summits of my Life, qui lui a permis d’affoler les chronomètres sur les points culminants de chaque continent (monts Cervin, McKinley, Aconcagua, Kilimandjaro, etc.). En 2014, son expérience extrême lui avait valu le titre d’« aventurier de l’année » décerné par le magazine américain National Geographic.

En France, l’ambassadeur de l’alpitrail avait même réussi à grimper deux fois en une journée le mont Blanc — sachant que l’ascension moyenne nécessite deux journées entières. Douze heures d’effort et près de 6 700 m de dénivelé positif. « Un bon entraînement en altitude », avait conclu le sportif, qui réside désormais en Norvège.

La tracé parcouru par Kilian Jornet

Le capitalisme totalitaire contre la démocratie

Le tyran (dé)masqué : la mission d’un homme pour détruire la démocratie
Par George Monbiot, le 19 juillet 2017 - The Guardian / Les Crises (trad.)

‘ Buchanan a développé un programme caché pour supprimer la démocratie pour le compte des très riches. Il refaçonne la politique. Illustration: Sébastien Thibault’

La vision de James McGill Buchanan d’un capitalisme totalitaire a infecté les politiques publiques aux Etats-Unis. Aujourd’hui, elle est en train de s’exporter.

C’est le chapitre manquant : une clé pour comprendre la politique de la dernière moitié du vingtième siècle. Lire le nouveau livre de Nancy Mac Lean: “Democracy in chains : The Deep History of the Radical Right’s Stealth Plan for America”, c’est voir ce qui jusqu’alors était demeuré invisible.

Le travail du professeur d’histoire sur le sujet commença par accident. En 2013, elle tomba sur une maison coloniale abandonnée sur le campus de l’université George Mason en Virginie. Celle-ci était remplie d’archives non classées appartenant à un homme mort cette année là et dont le nom ne vous est probablement guère familier : James McGill Buchanan. Elle affirme que la première chose qu’elle récupéra fut un lot de lettres confidentielles concernant des millions de dollars transférés à l’université par le milliardaire Charles Koch.

Ses découvertes dans cette maison des horreurs révèlent comment Buchanan, avec l’aide de magnats des affaires et des instituts financés par ces derniers, développèrent un programme secret pour supprimer la démocratie au bénéfice des ultra-riches. Ce programme est en train de remodeler la sphère politique et pas seulement aux Etats-Unis.

Buchanan fut fortement influencé à la fois par le néolibéralisme de Friedrich Hayek et de Ludwig von Mises ainsi que par le défenseur du primat de la propriété John C. Calhoun, lequel défendit dans la première moitié du XIXème siècle l’idée selon laquelle la liberté consiste à avoir le droit absolu d’utiliser votre propriété (y compris vos esclaves) comme vous le souhaitez ; toute institution qui empiète sur ce droit est un agent d’oppression, exploitant les possédants pour le compte de la masse.

James Buchanan réalisa la synthèse de ces influences pour créer ce qu’il appela la théorie du choix public. Selon cette dernière, une société ne peut être considérée comme libre à moins que chaque citoyen n’ait la possibilité de mettre un veto sur les décisions prises par celle-ci.

Pour Buchanan, cela voulait dire concrètement que personne ne devait être imposé contre sa volonté. Or, selon lui, les riches étaient exploités par ceux qui utilisent leur vote pour leur extorquer de l’argent et qui l’utilisent pour financer, via l’impôt, la dépense publique et les systèmes de protection sociale. Autoriser les travailleurs à créer des syndicats et mettre en place des niveaux d’imposition progressifs sur le revenu était l’exemple d’une législation « discriminatoire ou différentielle » envers les détenteurs du capital.

Tout conflit entre “la liberté » (autoriser les riches à agir comme bon leur semble) et la démocratie devait être résolu en faveur de la liberté. Dans son livre, « The Limits of Liberty », Buchanan notait que « le despotisme pourrait être la seule forme d’organisation alternative à la structure politique telle que nous l’observons. »

Le despotisme au nom de la défense de la liberté.

Sa solution à ce problème était une “révolution constitutionnelle” : créer des contraintes irrévocables pour limiter le choix démocratique. Sponsorisé durant toute sa carrière par des fondations appartenant à des milliardaires et de grandes entreprises, il développa un cadre théorique pour présenter à quoi ressemblerait sa révolution constitutionnelle ainsi que la stratégie pour la mettre en œuvre.

Il expliqua comment les politiques de déségrégation dans les écoles du sud des Etats-Unis pourraient être mises en échec en créant un réseau d’écoles privées soutenues par les états. Il fut le premier à proposer de privatiser les universités et d’imposer aux étudiants de payer l’intégralité des frais de scolarité : son but initial était d’écraser le militantisme étudiant.

Il appela à privatiser la sécurité sociale et de nombreuses autres fonctions de l’Etat. Il chercha à rompre les liens entre le peuple et le gouvernement et à réduire à néant la confiance envers les institutions. Pour résumer, son objectif était de sauver le capitalisme de la démocratie.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...